La navigation en orthopédie : 20 ans d’innovation

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La navigation en orthopédie : 20 ans d’innovation

Le 21 janvier 1997, la première implantation mondiale d’une prothèse de genou assistée par ordinateur a été réalisée au CHU de Grenoble par le Professeur Saragaglia.

Depuis, les systèmes de navigation sont devenus des instruments incontournables dans de nombreux centres d’orthopédie en France et dans le monde entier. Un nouvel univers de recherche technologique et clinique s’est ouvert avec d’innombrables publications et de nombreux congrès spécifiques ont vu le jour sur ce thème.

20 ans plus tard, la navigation est utilisée dans de nombreuses indications telles que les ostéotomies1 ou la chirurgie prothétique de hanche et de genou. 

Quel est l’objectif du système de navigation ?

Grâce à ce système, l'équipe chirurgicale a accès, pendant l'intervention, aux données 3D précises du positionnement des implants par rapport aux structures osseuses du patient. Il va donc permettre de restituer une anatomie et une fonction optimale pour chaque patient.
Les derniers logiciels permettent notamment de contrôler la longueur de jambe et la latéralisation dans le cas d'une prothèse de hanche et d'optimiser l'équilibrage ligamentaire dans le cas d'une prothèse de genou.

„Il [le système de navigation] s’agit d’un véritable GPS dont on a du mal à se passer comme on a du mal à se passer du GPS de notre voiture !“

– Professeur Dominique Saragaglia, chef du service Orthopédie et traumatologie du sport du CHU de Grenoble.

De nombreuses innovations dans le domaine de la navigation ont pu voir le jour grâce au travail de l’équipe de Recherche & Développement B. Braun Aesculap basée à Grenoble. Cette innovation française a pris aujourd’hui une dimension internationale avec plus de 850 machines implantées dans plus de 40 pays.

Le Professeur Dominique Saragaglia en parle :

« L’implantation des prothèses totales du genou (PTG) avec assistance par ordinateur est devenue depuis le 21 janvier 1997, date à laquelle nous avons navigué pour la première fois au monde une PTG, la technique de routine du service. En mars 2001 nous avons réalisé la première ostéotomie de valgisation et en 2007, nous avons navigué les prothèses unicompartimentaires (PUC) avec un logiciel simplifié de même que les révisions de PUC par PTG. Aujourd’hui, nous naviguons toutes les PTG, toutes les ostéotomies (valgisation, varisation, doubles ostéotomies) et toutes les PUC et les révisions de PUC par PTG. L’apport essentiel de la navigation informatisée est d’atteindre plus facilement l’objectif que l’on se fixe en pré-opératoire en ce qui concerne tout particulièrement l’angle Hip Knee Ankle*. 

En effet, quel que soit l’angle que l’on souhaite, il est parfaitement démontré aujourd’hui qu’on atteindra plus facilement le but avec navigation que sans navigation. La navigation est également fondamentale pour évaluer la réductibilité des déformations et anticiper sur les release** éventuels, pour quantifier l’équilibre ligamentaire médio-latéral et sagittal du genou et pour mettre en place une PTG dans les grandes déformations et dans les gonarthroses sur cals vicieux où le matériel d’ostéosynthèse est toujours en place et inenlevable. Il s’agit d’un véritable GPS dont on a du mal à se passer comme on a du mal à se passer du GPS de notre voiture ! »

1 L' ostéotomie est une intervention de chirurgie orthopédique visant à modifier l'axe d'un os. Il s'agit de couper une section complète d'un os puis de le laisser se reformer dans une configuration plus proche de l'anatomie naturelle. L'ostéotomie permet de prévenir certain cas de gonarthrose en repartissant mieux le poids du corps au sein de l'articulation du genou.

* axe de référence centre de la hanche, genou et cheville
** les chirurgiens sont parfois obligés de libérer légèrement les ligaments latéraux (technique de release) pour éviter que le genou soit trop raide/serré une fois les implants posés.