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Troubles de la continence : l’éducation thérapeutique pour l’autonomie du patient

Angelina Cannesant est IDE stomathérapeute à l’hôpital Charles-Nicolle du CHU de Rouen depuis bientôt 22 ans. Son activité revêt plusieurs facettes : pour partie elle s’occupe des activités de la consultation urologique (explorations endoscopiques, soins spécifiques en urologie, et consultations d’annonce) tandis qu’elle assure trois jours par semaine les consultations de stomathérapie pour les patients devant bénéficier d’une stomie, principalement urinaire, en pré ou en postopératoire. Avec l’équipe d’infirmiers et d’infirmières du service, elle participe activement à l’éducation thérapeutique à l’auto-sondage urinaire. Rencontre.

Dans quels cas intervenez-vous ?

J’apporte mon aide aux malades souffrant de troubles de la continence avant, pendant et après l’hospitalisation, en leur délivrant des informations et des appareillages de sondage qui vont leur permettre une meilleure réadaptation physique et psychologique.

Comment s’effectue l’accompagnement thérapeutique ?

Tout repose sur la relation de confiance qu’il faut tisser petit à petit avec les patients.

Dans un premier temps, nous les recevons à partir d’une prescription médicale émise à la demande du chirurgien. Il s’agit d’un rendez-vous programmé d’au moins une demi-journée, voire une journée si nécessaire, entrecoupée de pauses. L’entretien d’évaluation a lieu dans une pièce dédiée et privatisée afin de faire le plus possible le lien avec le domicile. L’objectif est d’identifier les motivations du patient à réaliser les sondages urinaires pour ensuite orienter son choix vers la sonde la plus adaptée. Il s’agit aussi d’évaluer ses capacités cognitives et motrices. Il est donc indispensable d’avoir une bonne connaissance des pathologies urinaires, de la physiologie et du matériel disponible. Seules des infirmières spécialisées sont à même d’expliquer correctement le mode d’emploi des sondes, de mettre en confiance les patients pour les emmener vers l’acceptation et de s’assurer de leur observance à plus ou moins long terme. Maîtriser les appareillages à bon escient permet d’être parfaitement à l’aise avec les solutions que l’on peut ensuite transmettre.

Il faut généralement de 2 à 3 essais pour choisir sa sonde parmi un panel de 3-4 solutions présélectionnées. L’apprentissage du geste en toute sécurité se double d’une prise en charge humaine orientée sur les conseils pratiques : sur les risques et les contraintes, mais aussi, très prosaïquement, sur le renouvellement des ordonnances ou le remboursement… De multiples facteurs entrent en jeu mais tous ont pour ambition d’améliorer la qualité de vie et de santé des patients.

Un second rendez-vous de coordination ou d’ajustement est proposé 8 à 10 jours plus tard pour faire le point sur l’acquisition des automatismes. D’autres professionnels de santé peuvent prendre le relais via des soins de support (infirmières libérales, ergothérapeutes, psychologues > au clic sur infirmières redirection vers l’article « accompagnement psychologique ») ou en phase de conseil (prestataires de santé, pharmaciens).

Dans tous les cas, un rendez-vous de bilan est planifié avec l’urologue 3 mois plus tard.

Qu’attendez-vous du matériel proposé ?

Quatre points me semblent essentiels, en dehors des normes très strictes qui sont observées. Tout d’abord la facilité d’utilisation pour le patient, mais aussi pour le professionnel de santé. Depuis l’emballage jusqu’à la mise en place de la sonde, plus l’utilisation est intuitive, plus les manipulations sont limitées, et mieux c’est. L’arrivée de sondes prêtes à l’emploi il y a quelques années déjà a été une révolution !  La lubrification est également très importante. Son caractère rassure le patient dès le toucher et constitue un facteur de diminution des frictions et des microlésions ou microtraumatismes urétraux. Le choix varié et la volonté d’intégrer l’auto-sondage dans la vie quotidienne répondent par ailleurs aux spécificités des patients en termes d’anatomie, de dextérité, de motricité. Enfin, la sécurité reste un prérequis, que ce soit dans l’asepsie ou l’absence de microlésions.

Quelles solutions de sondage urinaire utilisez-vous le plus fréquemment et pourquoi ?

Nous avons accès à différents produits. Tout dépend du type de patients. Pour les femmes valides, ce sont les sondes compactes qui ont le plus de succès car elles peuvent se refermer et être jetées discrètement. Les invalides préfèreront les sets de sondage, compacts également.

Les hommes privilégient de leur côté les sondes sans gaine à insérer directement pour les valides, les sets de sondages pour les invalides.

Les patients alités choisiront plus facilement un dispositif de sonde comprenant une poche connectée à un sac collecteur avec une tubulure plus longue.

Les personnes disposant de dérivations cutanées continentes emploieront des sondes longues (+/- sets) et parfois béquillées, plus adaptées au trajet de la dérivation.

Le choix du matériel est conditionné par les priorités de sondage urinaire attendues : est-ce un sondage temporaire ? post opératoire ? définitif, secondaire à une pathologie chronique ? Etc. Disposer d’une large gamme est primordial pour répondre aux différentes morphologies et aux différents besoins des patients. L’évolution vers toujours plus de diversité, de discrétion et de facilité d’usage bénéficie clairement aux patients. Je constate aussi des demandes en hausse sur les possibilités de recyclage des produits, au-delà de l’emballage.

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