Le biofilm enjeu de la cicatrisation des plaies chroniques

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Le biofilm, enjeu de la cicatrisation des plaies chroniques

Présent dans 90% des plaies chroniques, le biofilm est un obstacle majeur à la cicatrisation. Comment se forme-t-il ? Comment le prévenir et l’éliminer ? Joëlle Sugranes, infirmière stomathérapeute et enseignante au CH de Tarbes (65) propose quelques conseils.

Imagine-t-on, quand on souffre de plaies chroniques, vivre avec des communautés microbiennes complexes contenant des microorganismes tels que des bactéries ? Et qu’elles peuvent être responsables de la chronicité de ces plaies ? Non, sans doute pas. C’est pourtant le cas. Ces microorganismes peuvent même s’organiser pour mieux résister : ce qu’on appelle le biofilm.

Ces communautés se forment lorsque des bactéries se fixent sur la surface de la plaie en excrétant une substance épaisse, visqueuse, collante : la substance polymérique extracellulaire (SPE). Protégées par cette matrice, les bactéries adhèrent au lit de la plaie. De nouvelles bactéries apparaissent, et la colonie se développe. Les biofilms entraînent alors une réaction inflammatoire chronique, protègent les bactéries et, de ce fait, retardent la cicatrisation1.

Prévenir et gérer les biofilms est devenu un objectif clé de la prise en charge des plaies chroniques2.

Comment le biofilm se développe-t-il ?

Des solutions actives et efficaces sur le biofilm

« La prise de conscience du rôle des biofilms a mis en évidence l’importance de bien nettoyer les plaies », explique Joëlle Sugranes. Un nettoyage de la plaie à l’eau sous le jet de la douche est de rigueur, en prenant soin de bien savonner les berges ainsi que la peau saine périphérique. Puis un professionnel de santé pratique la détersion, consistant à retirer les dépôts (tissus morts, sang coagulé, fibrine…) et le biofilm.

La détersion au scalpel ou à la curette est une opération délicate, désagréable, voire douloureuse, pour le patient, qui peut engendrer des saignements. « Heureusement, il existe aujourd’hui des solutions actives et efficaces sur le biofilm qui facilitent la détersion manuelle », se félicite Joëlle Sugranes. À base de bétaïne et de polyhexanide, elles agissent notamment en désolidarisant le biofilm et en dissolvant les dépôts1.

„J’ai constaté une réelle amélioration de l’évolution des plaies que je prends en charge depuis que j’utilise ces composants. Ils assainissent la surface de la plaie sans en détruire l’écosystème.“

– Joëlle Sugranes, infirmière stomathérapeute et enseignante au CH de Tarbes (65)

Il a été démontré, en effet, que leur utilisation réduit l’inflammation et améliore le temps de cicatrisation4, ce qui contribue par ailleurs à prévenir les complications liées aux infections5.

Le rôle essentiel de l’hygiène de vie

Face à une plaie chronique, un patient peut parfois adopter une attitude passive ou fataliste, négligeant d’en prendre soin. « Il est très important d’impliquer le patient en lui expliquant comment il peut contribuer à la cicatrisation », explique Joëlle Sugranes. Ainsi, un patient a tout intérêt à savoir que sa plaie ne doit pas être comprimée dans un bandage trop serré et ne doit être ni trop sèche, ni trop humide.

L’hygiène corporelle, la nutrition, la mobilité sont également abordées lors des consultations. 

„J’accompagne le patient afin qu’il s’implique dans sa prise en charge. Et je lui explique, quitte à le bousculer un peu, que sa plaie reflète son état général, car une plaie chronique est rarement là par hasard. Le patient joue un rôle moteur dans le processus de cicatrisation.“

Plus d'information

Seule une plaie propre peut cicatriser

Lorsque les processus de fermeture des plaies sont perturbés par une pathologie sous-jacente, une plaie peut devenir chronique.

Le succès du processus de cicatrisation va dépendre de plusieurs facteurs : choix du pansement, de l’état général du patient, existence de pathologies sous-jacentes... 
Mais l’état du lit de la plaie et sa préparation sont également des éléments cruciaux du processus de cicatrisation, car seule une plaie propre peut cicatriser.

B. Braun, acteur majeur des dispositifs médicaux, apporte des solutions qui permettent de favoriser la cicatrisation et contribuent à l’efficience des soins, par la réduction du matériel et des soins nécessaires à la guérison des plaies.

Références :
1 Phillips PL et al., Biofilms Made Easy. Wounds International 2010; 1(3).
2 World Union of Wound Healing Societies (WUWHS), Florence Congress, Position Document. Management of Biofilm. Wounds International 2016
3 Phillips PL et al., Biofilms made Easy. Wounds International 2010; 1(3)
4 Bellingeri A. et al., Effect of a wound cleansing solution on wound bed preparation and inflammation in chronic wounds: a single-blind RCT. J Wound Care 2016 ;25(3):160-168
5 Andriessen A et al., Assessment of a Wound Cleansing Solution in the Treatment of Problem Wounds, WOUNDS 2008;20(6):171-175

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