La communication médecin-patient pour une prise en charge réussie

Recherche rapide de produits

Choisir une catégorie ou une sous-catégorie

La communication médecin-patient : Un élément essentiel pour la qualité des soins et la sécurité des patients.

Élément fondateur d’une prise en charge médicale réussie, l’importance d’une bonne communication médecin-patient n’est plus à démontrer. Mais elle ne s’improvise pas. Médecin généraliste et professeur de médecine générale à la Faculté de Médecine de Poitiers, le Pr. José Gomes nous livre les secrets d’une relation médecin-patient fructueuse.

Les données sont probantes : une bonne communication entre le médecin et son patient permet de meilleurs résultats thérapeutiques. Ses bénéfices peuvent aller jusqu’à l’amélioration de l’hémoglobine glyquée chez un patient diabétique[1], la diminution des facteurs de risques cardiovasculaires chez un patient hypertendu ou encore permettre de favoriser le retour à domicile en toute sécurité d’un patient sous nutrition parentérale (alimenté par perfusion intraveineuse) au terme d’une hospitalisation. C’est la raison pour laquelle B. Braun a choisi d’animer aux Journées Francophones de Nutrition (JFN) un atelier sur le thème de la communication.

„Il ne s’agit pas de faire plaisir au patient, mais d’améliorer la qualité de sa prise en charge et son bien-être psychologique.“

– précise le Pr. José Gomes, déplorant que le rôle de cette communication soit parfois sous-estimé.

Empathie et langage non-verbal

Dans la vie courante, il existe souvent un décalage entre ce qu’une personne veut dire et ce que son interlocuteur comprend. Il en est de même entre un médecin et son patient. « Il est souvent difficile d’entendre le message de son médecin, surtout si l’émotion est importante », explique le Pr Gomes. « La plupart du temps, ça ne se passe pas comme lorsque vous racontez une histoire. L’état émotionnel empêche d’entendre. » L’attitude empathique du médecin consiste alors à accueillir l’émotion du patient et la reformuler. « Dire à un patient : “je vois que vous pleurez et je comprends que vous pleuriez”[2], c’est reconnaître et valider son émotion. Si le soignant ne reconnaît pas l’émotion, le patient n’est plus réceptif à ses messages », continue le Pr Gomes.

« De même, nous savons aujourd’hui que si nos gestes ne sont pas en adéquation avec nos paroles, le message ne peut pas passer », précise-t-il. Certaines facultés de médecine proposent à leurs étudiants de se filmer en consultation, avec l’accord de leurs patients, pour en analyser le déroulement. « Nos étudiants peuvent ainsi vérifier s’ils ont correctement construit la relation, aidé le patient à retenir l’information, ou adopté le bon comportement non-verbal » continue le Pr Gomes. Certains étudiants de la faculté de Médecine de Poitiers peuvent ainsi s’auto-évaluer à partir des 71 critères de la grille de Calgary-Cambridge, modèle reconnu dans la relation médecin-patient[3].

Compétence clé du médecin généraliste

Si la communication est enseignée aux jeunes médecins, c’est parce qu’elle est reconnue par le Collège National des Généralistes Enseignants comme une compétence essentielle du médecin généraliste. « La médecine générale est un lieu de communication par excellence » souligne le Pr Gomes. « Mais ce n’est pas toujours facile. Quand vous suivez un patient depuis plusieurs années et que vous devez lui annoncer une mauvaise nouvelle, vous devez prendre en compte vos propres émotions. Cela ne s’improvise pas. »

Des attentes propres à chaque patient

Autre difficulté : chaque individu réagit différemment face à la maladie. Et les attentes vis-à-vis du traitement et du médecin varient d’une personne à l’autre « Il existe des techniques de questionnement pour comprendre ce qui se passe dans la tête du patient », indique le professeur Gomes. « Explorer et prendre en compte ses croyances, craintes et attentes permettra de lui proposer un programme de soins en adéquation avec ses besoins ». C’est l’intérêt de l’utilisation du guide de questionnement de Kleinman.

„Le patient peut aussi exprimer ses attentes de façon proactive. Les patients sont de plus en plus acteurs de leur santé, et une bonne collaboration médecin-patient contribue considérablement à la qualité des soins.“

– Pr. José Gomes

Son conseil aux patients pour faire équipe avec les professionnels de santé ? Adopter l’approche PIVO déjà expérimentée avec succès au Québec : Préparez-vous pour vos rendez-vous médicaux, Informez-vous sur votre problème de santé, Vérifiez si vous avez compris les explications du médecin, Osez parler de vos préoccupations.

« De son côté, le médecin a tout intérêt à questionner le patient sur ce qu’il a compris du discours du médecin et ce qui lui semble important », conclut le Pr. Gomes. Par une question toute simple, mais contribuant bel et bien à une dynamique de communication efficace, source de satisfaction personnelle pour le médecin comme pour le patient.

En savoir plus

Atelier B. Braun aux JFN 2018 : la sécurité des patients avant tout

C’est sous la forme d’un roman photos interactif que B. Braun a choisi d’illustrer l’importance d’une bonne communication médecin-soignant à l’occasion des Journées Francophones de Nutrition (Nice, 28-30 novembre 2018). Inspiré d’une situation réelle, le roman photos met en scène l’annonce du retour à domicile d’un patient sous nutrition parentérale et montre comment, en ayant des préoccupations différentes, le patient, son proche aidant et l’équipe soignante, risquent un discours de sourds au détriment de la sécurité et du bien-être psychologique du patient. L’atelier était animé par le Pr. Cécile Chambrier, Hospices Civils de Lyon, service de nutrition clinique intensive ; Pr. Eric Fontaine, CHU Grenoble Alpes, Inserm Université Joseph-Fourier Grenoble, Président du collectif de lutte contre la dénutrition ; et Pr. José Gomes, Faculté de Médecine de Poitiers, Maison de Santé Pluridisciplinaire du Val de Touvre, Pôle Pédagogie, Certification, Relation Médecin-Patient et Communication professionnelle.

Plus d'informations

Patients et proches aidants (site canadien pour l’approche PIVO).
Professionnels de santé :
Richard C, Lussier MT, La Communication Professionnelle en Santé, 2ème éd, ERPI Médecine, Montréal, Canada.

[1] Lacroix A, Assal JP, l’Education thérapeutique des patients, 2ème éd, Maloine
[2] Vanotti M, L’Empathie dans la relation médecin-patient, Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux 2002/2 (N°29), p. 213-237).
[3] Silverman JD, Kurtz SM, Draper J (1998) Skills for Communicating with Patients. Radcliffe Medical Press (Oxford)

Découvrez tous les articles

  • B. Braun et HypnoVR : au coeur du bien-être des patients

    Dans une volonté d’améliorer la prise en charge des patients, B. Braun s’associe avec HypnoVR, leader de l’hypnose médicale par réalité virtuelle, pour proposer aux cardiologues interventionnels, aux chirurgiens vasculaires, aux radiologues interventionnels et à leurs équipes une solution innovante non médicamenteuse : l’hypnose médicale par réalité virtuelle.

    Lire la suite
  • Xperience Days 2021, 5e épisode – La crise a-t-elle accéléré la transition vers un « Hôpital durable » ?

    À travers une série de web conférences plurithématiques, les Xperience days 2020-2021 invitent à repenser le système de santé dans un contexte bouleversé par la crise sanitaire. Cette 5ème session a porté sur les évolutions de l’hôpital en matière de RSE, entre nouvelles pratiques écoresponsables, valorisation des déchets et mobilisation collective. Aperçu.

    Lire la suite
  • Se nourrir de la vie

    L’alimentation artificielle n’est pas un frein à une vie riche de découvertes, de plaisirs et de promesses, surtout quand les perfusions peuvent être réalisées à domicile. Yasmine Luzurier en est une preuve étincelante depuis plus de 40 ans. Témoignage.

    Lire la suite
  • Choose France : B. Braun investit 15 millions d’euros malgré la crise

    À l’occasion du sommet Choose France qui se tient ce 28 juin, le Groupe allemand B. Braun annonce un investissement de 15 millions d’euros supplémentaires en France en 2021. Cet investissement va permettre d’ouvrir deux nouvelles lignes de production à Sarlat-la-Caneda (24) et à Nogent-le-Rotrou (28) et comprend l’extension de ses établissements de néphrologie, créant ainsi de nouveaux emplois dans l’Hexagone. Par ces engagements, l’acteur du « made in Europe » et deuxième employeur des technologies médicales dans notre pays, réaffirme sa volonté de miser sur la France. Avec ce nouveau programme, B. Braun y aura ainsi investi près de 200 millions d’euros depuis 2015.

    Lire la suite
  • Nutrition parentérale à domicile : diffuser les bonnes pratiques pour renforcer la sécurité

    Les infections liées aux cathéters veineux centraux représentent un frein au déploiement de la nutrition parentérale à domicile. Une (in)formation adaptée, des liens interprofessionnels renforcés et le respect des bonnes pratiques assurent pourtant une mise en œuvre en toute sécurité. Précisions en compagnie du Pr Francisca Joly, du service de Gastroentérologie, MICI et Assistance Nutritive de l’hôpital Beaujon de Clichy (92).

    Lire la suite
Téléchargement du contenu...

Une erreur est survenue. Veuillez réessayer.